Le CDMA

Pourquoi ce site ?

La réalité de l’avortement  tel qu’il est vécu n’a pas changé fondamentalement au cours de ces 40 dernières années. Aujourd’hui,  pour la femme et quoique que l’on puisse dire, l’IVG reste une réalité très douloureuse. Ce qui est apparu par contre ces 10 dernières années, c’est à la fois un glissement sémantique permanent  sur le sujet dans les médias ou dans les discours politiques et une conception erronée du « droit à l'IVG »  par une  mise en application  aveugle et sans distanciation  dans les cabinets médicaux ou les hôpitaux. Plus beaucoup de médecins osent mettre en doute le bien-fondé d'une demande d'avortement et osent avoir des paroles dissuasives auprès d'une patiente. 

Dans les medias grand public, il est rare de voir des articles ou des émissions de télévision  faire objectivement le point sur les risques et donc les conséquences de l’avortement. On n' invoque que le « droit de la femme à faire un avortement » sans rechercher à voir  lucidement  les comportements  abusifs que subissent les femmes. Le but de ce site est de faire le point le plus complet et objectif de l'IVG. 

La loi sur l'avortement 

 

Aussi, il est souhaitable de relire Mme Simone Veil  dans son célèbre discours fait à l’Assemblée Nationale le  26 novembre 1974 quand elle défend la loi qui porte toujours son nom. Beaucoup se réfèrent à cette loi en  la brandissant  comme un  "droit fondamental" mais peu en soulignent honnêtement certains motifs et certains aspects.

Quelques passages dont nous donnons ici des extraits, sont significatifs et restent d’une grande actualité. En préambule à son intervention,  Simone Veil insiste sur la gravité de l’acte et de ses conséquences. Puis  elle  souligne l’importance des structures « d’écoute » qu’il faut développer et encourager  pour faire prendre conscience à la femme qui envisage l’avortement de la gravité de la décision qu’elle s’apprête à prendre.

Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l'avortement. dit en introduction Mme Veil, Il suffit d'écouter les femmes. C'est toujours un drame et cela restera toujours un drame..

C'est pourquoi, si le projet qui vous est présenté tient compte de la situation de fait existante, s'il admet la possibilité d'une interruption de grossesse, c'est pour la contrôler et, autant que possible, en dissuader la femme. (…) Actuellement, celles qui se trouvent dans cette situation de détresse, qui s'en préoccupe?  (...) Je n'ignore pas l'action de ceux qui, profondément conscients de leurs responsabilités, font tout ce qui est à leur portée pour permettre à ces femmes d'assumer leur maternité. Nous aiderons leur entreprise; nous ferons appel à eux pour nous aider à assurer les consultations sociales prévues par la loi.

Les risques de l'avortement    

 

Plus loin dans son long discours, elle insiste particulièrement sur les risques  médicaux et psychologiques de l’avortement. Elle veut que l’information qui doit être donnée à la femme soit aussi complète que possible :

En préparant le projet qu'il vous soumet aujourd'hui, le gouvernement s'est fixé un triple objectif:    faire une loi réellement applicable; faire une loi dissuasive;  faire une loi protectrice;

Remettre la décision à la femme, n'est-ce pas contradictoire avec l'objectif de dissuasion, le deuxième des trois que s'assigne ce projet? (…) Le gouvernement a choisi une solution marquant clairement la responsabilité de la femme parce qu'elle est plus dissuasive au fond qu'une autorisation émanant d'un tiers qui ne serait ou ne deviendrait vite qu'un faux-semblant.

Ce qu'il faut, c'est que cette responsabilité, la femme ne l'exerce pas dans la solitude ou dans l'angoisse.(…) Le projet prévoit donc diverses consultations qui doivent la conduire à mesurer toute la gravité de la décision qu'elle se propose de prendre.

Le médecin peut jouer ici un rôle capital, d'une part, en informant complètement la femme des risques médicaux de l'interruption de grossesse qui sont maintenant bien connus, et tout spécialement des risques de prématurité de ses enfants futurs, et, d'autre part, en la sensibilisant au problème de la contraception.

Cette tâche de dissuasion et de conseil revient au corps médical de façon privilégiée et je sais pouvoir compter sur l'expérience et le sens de l'humain des médecins pour qu'ils s'efforcent d'établir au cours de ce colloque singulier le dialogue confiant et attentif que les femmes recherchent, parfois même inconsciemment.

Le projet prévoit ensuite une consultation auprès d'un organisme social qui aura pour mission d'écouter la femme, ou le couple lorsqu'il y en a un, de lui laisser exprimer sa détresse, de l'aider à obtenir des aides si cette détresse est financière, de lui faire prendre conscience de la réalité des obstacles qui s'opposent ou semblent s'opposer à l'accueil d'un enfant. Bien des femmes apprendront ainsi à l'occasion de cette consultation qu'elles peuvent accoucher anonymement et gratuitement à l'hôpital et que l'adoption éventuelle de leur enfant peut constituer une solution.

Il va sans dire que nous souhaitons que ces consultations soient les plus diversifiées possibles et que, notamment, les organismes qui se sont spécialisés pour aider les jeunes femmes en difficulté puissent continuer à les accueillir et à leur apporter l'aide qui les incite à renoncer à leur projet.

Tous ces entretiens auront naturellement lieu seul à seule, et il est bien évident que l'expérience et la psychologie des personnes appelées à accueillir les femmes en détresse pourront contribuer de façon non négligeable à leur apporter un soutien de nature à les faire changer d'avis.

Les deux entretiens qu'elle aura eus, ainsi que le délai de réflexion de huit jours qui lui sera imposé, ont paru indispensables pour faire prendre conscience à la femme de ce qu'il ne s'agit pas d'un acte normal ou banal, mais d'une décision grave qui ne peut être prise sans en avoir pesé les conséquences et qu'il convient d'éviter à tout prix. Ce n'est qu'après cette prise de conscience, et dans le cas où la femme n'aurait pas renoncé à sa décision, que l'interruption de grossesse pourrait avoir lieu.

Les délais de l'avortement    

 

La limite de l’autorisation de l’avortement jusqu’à 10 semaines est, là encore, justifiée par Mme Veil par le fait que  « ses risques physiques et psychiques, qui ne sont jamais nuls, deviennent trop sérieux après la fin de la dixième semaine qui suit la conception pour que l'on permette aux femmes de s'y exposer. »

Et de rappeler encore qu’il ne faut pas confondre « information » et « incitation ». Dans son projet de loi, l’incitation à l’avortement  n’est pas admissible. Pourtant elle est aujourd'hui courante et complètement impunie quand elle n'est pas incitative !

Contrairement à ce qui est dit ici ou là, le projet n'interdit pas de donner des informations sur la loi et sur l'avortement; il interdit l'incitation à l'avortement par quelque moyen que ce soit car cette incitation reste inadmissible.

Le remboursement de l'avortement  par la Sécurité sociale, Mme Veil ne l’a pas non plus souhaité « car il nous a paru nécessaire de souligner la gravité d'un acte qui doit rester exceptionnel, même s'il entraîne dans certains cas une charge financière pour les femmes. 

Ce qu'il faut aussi, c'est bien marquer la différence entre la contraception (…)  et l'avortement que la société tolère mais qu'elle ne saurait ni prendre en charge ni encourager.

Et de conclure à la fin de son discours à l’attention du corps médical et des services sociaux :

 A ceux-ci je veux dire que, si la loi est générale et donc abstraite, elle est faite pour s'appliquer à des situations individuelles souvent angoissantes; que si elle n'interdit plus, elle ne crée aucun droit à l'avortement.

On mesure ici les écarts qu’il y a aujourd’hui entre  les  comportements validés et amplifiés par les médias, les grands principes juridiques de la loi Veil et des aménagements successifs de la loi à laquelle les promoteurs du moment (Roudy,  Aubry, etc..) ont toujours affirmé se référer sans aucun scrupule.

Le droit a l'avortement   

 

Certains activistes soi-disant féministes refusent aujourd’hui la réalité de la gravité de l’avortement bien que la loi en principe ne crée aucun droit à l'avortement.

Mme Aubry dans la loi de 2001 qu’elle a fait voter, a cru bon de supprimer le délit d’incitation à l’avortement qu’avait défendu Mme Veil en 1974  sous le prétexte que ce délit  posait des problèmes d’interprétation. Or, cette frêle barrière qui protégeait la femme des pressions de son entourage (conjoint, parents, amis, services sociaux, etc..) a bien disparu. La protection dont la femme a particulièrement besoin pendant cette période n’existe plus sauf encore dans le droit du travail. Or, elle devient  malheureusement de plus en plus nécessaire. La violence dans les couples et les foyers a, hélas, tendance à s’accroître et la femme en est le plus souvent la victime.  Ceux et celles qui font encore des « écoutes » de femmes (comme le CDMA qui gère aussi le site www.ivg.net ) avant leur  projet d’avortement sont les témoins quotidiens de ces incitations et ces pressions à l’avortement qui ne permettent  pas à la femme de faire son choix sereinement .

Au  CDMA nous sommes là, 7 jours sur 7, pour vous donner toutes les informations dont vous avez besoin. Vous devez mieux connaitre toutes les implications et toutes les conséquences de l'avortement. C'est aussi votre droit de femme.