L'avortement aux USA - Etude sociale

L'avortement aux USA - Etude sociale

Certains auteurs aux USA soutiennent que l'avortement n'a aucune incidence sur la santé de la femme et que les enfants non correctement "programmés" empêchent les femmes de poursuivre leurs études et sont la cause de non progression au cours d'une carrière. L'avortement permettrait aux femmes de "contrôler leur vie, d’accomplir leurs projets, et, finalement, d'améliorer leur statut socio-économique". Ce postulat part du fait que la venue d'un enfant « non planifié » a un effet négatif sur la vie des femmes et, que l'avortement lui-même aurait un effet au moins « neutre ». Des données sociologiques récentes montrent le contraire. Thomas Strahan, un chercheur de « Association of Interdisciplinary Research » (Association de Recherche Interdisciplinaire) a récemment examiné plus de 26 études concernant l'impact de l'avortement sur la situation socio-économique des femmes aux USA (1).
 

Ces études montrent que les femmes ayant avorté présentent plus de risque de souffrir de problèmes émotionnels et psychologiques. Ces problèmes peuvent les gêner pour prendre de bonnes décisions et interagir avec les autres, réduisant ainsi leur niveau de compétences professionnelles et les opportunités d'emploi. Elles sont plus susceptibles de s'adonner à l'alcool ou être d'être dépendantes de substance médicamenteuse ou de même de drogue, souvent comme un moyen d'"engourdissement" des sentiments négatifs qu’elles éprouvent suite à l'avortement. Ce qui peut affecter leur efficacité dans leur travail et peut inhiber leur capacité à développer des relations constructives

 
Les études paradoxalement montrent que les femmes qui avortent un fois sont plus susceptibles d'être à nouveau enceintes et d'avoir à nouveau recours à l'avortement. En effet, près de 50% de tous les avortements aux USA sont des avortements répétés. Une des causes réside dans le fait que les femmes ayant avorté désirent souvent inconsciemment un bébé pour "remplacer" l'enfant disparu et se trouvent confrontées aux mêmes pressions sociales qui ont conduit au premier avortement.
 
Les femmes ayant avorté plusieurs fois ont tendance à avoir un nombre croissant de problèmes de santé et de troubles psychologiques, ce qui augmente la probabilité d'avoir recours aux aides médicales ou sociales. Elles ont parfois plus de difficulté à établir une relation durable avec un partenaire masculin. Elles sont plus susceptibles de ne pas se marier, de divorcer, et de passer par une longue série de relations sans lendemain. Cette difficulté à former une «famille nucléaire» réduit le revenu des ménages et augmente la probabilité que la femme et ses enfants aient besoin d'aides sociales.

Elles restent toutefois désireuses d'avoir des enfants "plus tard" et de mener à terme une ou plusieurs grossesses. Cela signifie que beaucoup  de femmes ayant avorté finissent par rester célibataires ou séparées, ce qu'elles voulaient éviter quand elles ont subi leur premier avortement.

Enfin, toujours aux USA, les adolescentes qui ont subi un avortement sont 4 fois plus susceptibles d'y recourir à nouveau ultérieurement. Près de 20% des adolescentes ayant avorté au moins un fois avortent une seconde fois dans l'année, et 38% dans les 5 ans.

Ces études amènent Strahan à conclure que "l'utilisation répétée de l'avortement ne semble pas conduire à la prospérité économique ou au bien-être social, mais à une fragilisation de la femme". Devant cette thèse, il est difficile de dire que l'avortement  contribue à émanciper les femmes. Cela ne les rend pas plus riches ou plus heureuses… Pourtant, l'avortement continue à être trop présenté dans les médias comme un “solution  positive" pour la femme. C'est devenu un symbole politique important qui masque les vrais problèmes. Peut-être est-il temps de se soucier moins de la symbolique mais plus de la réalité…

 
 
1. Strahan, "Women Increasingly Receive Public Assistance as Abortion is Repeated," Association for Inter-disciplinary Research in Values and Social Change Newsletter, 4(2):3-7 1991,  The Storer Foundation, Att: Marie Hagan, 419 7th St. NW, Ste. 500, Washington, DC 20004.

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